«Que te manque-t-il le plus?»

Saber, 12 ans, de Juhor ad-Dik. C'est surtout son ordinateur-jouet qui lui manque

David Broman.

Des enfants de Gaza dans les décombres de leur chambre

Anne Paq est photographe. Présente à Gaza pendant les attaques israéliennes, elle y est retournée en septembre pour saisir des enfants dans leur chambre.

«Je voulais parler des enfants de Gaza.» La photographe Anne Paq a assisté en direct aux bombardements de l’opération «Bordure protectrice» menée par l’armée israélienne du 8 juillet au 26 août dont le bilan s’élèverait à 70 morts, dont 4 civils, côté israélien et à plus de 2.100 morts, dont plus de 1.400 civils, côté palestinien. «Plus de 108.000 Palestiniens, précise la photographe, ont perdu leur maison et plus de 18.000 logements ont été détruits. Selon l’ONU, il faudra plus de vingt ans pour reconstruire. Mais comment réparer la destruction des âmes?»

[cleeng_content id= »266306267″ description= »Pour lire la suite de cet article, vous avez la possibilité de l\’acheter à l\’unité ou via un abonnement » price= »0.49″ t= »article »]Vers la fin de l’opération, l’Unicef avait recensé plus de 450 enfants ayant perdu la vie et évoquait plus de 370.000 enfants en détresse psychique. «Quand je suis retournée en septembre, poursuit Anne Paq, je n’ai pu être que choquée devant l’étendue du désastre. Choquée surtout de voir toutes ces chambres d’enfants détruites. Elles témoignent du fait que, malgré les déclarations officielles du gouvernement et de l’armée israéliens, il s’agissait clairement d’une offensive ciblée contre la population civile.»

Une simple question

Anne Paq souligne aussi que, contrairement à ce que le silence de certains médias – peu présents dans la Bande depuis la fin de l’attaque – pourraient laisser entendre, il n’y a pas eu de retour à la normale à Gaza.

«La population ici a atteint son point de rupture. Les dommages psychologiques sont difficiles à évaluer. Les jeunes parlent de partir. Il faut que le monde sache que la situation ici est anormale et injuste. Et qu’il est temps que ça change.»

La photographe a donc accompagné des enfants sur les décombres de leur chambre.

«Je ne désirais pas faire un long entretien, je ne voulais pas davantage troubler les enfants, et je n’étais pas accompagnée d’un psychologue. Alors, je me suis limitée à leur poser cette simple question: « Que te manque-t-il le plus de ta chambre détruite? » J’ai ensuite laissé parler la puissance du visuel.»

* Anne Paq est membre du collectif ActiveStills,  www.activestills.org.
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