Moucheron

MARIE-ANNE LORGE

Les Perséides, ce sont des poussières semées par une comète (la Swift-Tuttle); ces grains cométaires – erronément appelés étoiles filantes – sont donc autant de lumineux débris gros comme des petits pois qui, en essaims, fendent nos nuits d’août (en tout cas, jusqu’au 24, avec une occasion de faire un vœu toutes les trente secondes le 12). Chaque année, c’est pareil – la première observation du genre remonte à -68 av. J.-C. Depuis, astronomes et autres chasseurs de sublime s’infligent des torticolis.

Voir grand avec l’infiniment petit? Oui. Aussi avec les Souvenirs de l’entomologiste humaniste Jean-Henri Fabre (1823-1915) qui, dans son carré herbeux, la tête dans les genoux, a consigné – à la manière d’un Jules Verne –, les us et coutumes des insectes, larves et autres bestioles microscopiques.

« Le savoir humain sera rayé des archives du monde avant que nous ayons le dernier mot d’un moucheron ». Celui-là que l’on écrase d’un revers de main. La violence est toujours opaque.