Mogherini s’attend à un prolongement des sanctions contre la Russie

La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a affirmé s’attendre à un prolongement des sanctions visant la Russie dont certaines arrivent à échéance en juillet, dans une interview jeudi au quotidien Die Welt.

Ces sanctions décrétées en raison du conflit en Ukraine seront-elles prolongées ? « Je m’y attends », répond Mme Mogherini, interrogée par le journal conservateur allemand. « Les chefs d’Etat et de gouvernement avaient subordonné la levée des sanctions à la pleine application des accords de Minsk. Or, cela nous ne l’avons jusqu’ici pas obtenu », explique la responsable de la diplomatie de l’UE.

L’UE a imposé à l’été 2014 de lourdes sanctions économiques contre la Russie, touchant plusieurs entreprises de défense et banques russes, les prêts et les investissements dans le secteur pétrolier. Celles-ci arrivent à échéance fin juillet et une décision à propos de leur renouvellement est attendue fin juin, à l’occasion d’un sommet européen.

« Nous avons longtemps considéré la Russie comme un partenaire stratégique », a souligné Mme Mogherini, ajoutant: « ce n’est aujourd’hui plus le cas mais elle reste un pays stratégique ». Et le retour à un statut de partenaire dépend du « gouvernement russe » et de la « résolution de la crise ukrainienne », a-t-elle jugé. « Il est pour nous décisif que les accords de Minsk soient pleinement mis en application et que le conflit dans l’est de l’Ukraine soit pacifiquement résolu ».

L’Ukraine est en proie depuis deux ans à un conflit opposant son armée à des rebelles séparatistes prorusses. Selon Kiev et les Occidentaux, ces séparatistes sont soutenus militairement par la Russie, ce que Moscou dément.

Le conflit a fait près de 9.300 morts et plus de 1,5 million de déplacés depuis avril 2014. Malgré l’instauration de plusieurs trêves, des affrontements meurtriers ont régulièrement lieu le long de la ligne de front. Des pourparlers organisés le 11 mai à Berlin entre l’Ukraine, la Russie, l’Allemagne et la France pour tenter de faire avancer le processus de paix se sont à nouveau achevés sans percée notable, notamment sur l’épineuse question des élections dans l’Est du pays.

afp