Lutte

JACQUES HILLION /C’est un combat sans fin où les petites avancées, les progrès conquis au jour le jour, avec âpreté et détermination, doivent malheureusement composer avec les grands bonds en arrière qui sont actuellement de mise.

La dernière Journée internationale du droit des femmes, placée sous le signe de la lutte, le rappelle avec vigueur.

Les avancées sont lentes, mais on se dit volontiers que, petit à petit, il y a du mieux. Un mieux très imparfait certes, mais qui laisse entendre que l’égalité poursuit, vaille que vaille, son chemin. A l’instar de la liste électorale présentée par les socialistes de la Ville. Elle est l’exemple de ces petites conquêtes au quotidien: une tête de liste bicéphale homme-femme, et une parité presque parfaite… Mais là où le bât blesse, c’est que, d’après les expériences passées, au soir du 8 octobre, il est peu probable que les électeurs et les électrices aient retranscrit cette parité dans leur choix. En tout cas, rien qu’en ce sens, les résultats seront auscultés avec soin pour toutes les listes ayant choisi la parité.

Miser sur l’éducation pour induire un changement des mentalités, s’attaquer au machisme et au patriarcat sont aussi des démarches nécessaires.

Nécessaires certes, mais certainement pas suffisantes. La lutte est toujours essentielle. Elle reste une urgence.

Parce que les événements de ces derniers mois rappellent crûment que les acquis peuvent rapidement être remis en question, voire révoqués. L’élection d’un Donald Trump, au sexisme par définition outrancier, la volonté du gouvernement polonais d’interdire l’avortement sont autant de signes d’une régression.

Les affres d’un député européen polonais au discours d’un autre siècle, l’arrogance d’un Denis Baupin qui, alors que l’enquête le visant a été arrêtée à cause de la prescription des faits, porte plainte contre les femmes qui l’ont poursuivi pour agression sexuelle et harcèlement, ne sont, sur ce plan, absolument pas rassurantes.

Il est encore long le chemin qui mènera à l’égalité.

Ce combat appartient aux femmes. Les derniers événements montrent qu’il doit se poursuivre avec une vigueur que même les acquis et les victoires ne peuvent entamer. Aux hommes d’accompagner cette lutte et surtout de reconnaître que la domination sociale masculine est une réalité. Laquelle ne disparaîtra pas en restant les mains dans les poches.

Le droit des femmes est aussi un combat social qui est l’affaire de tous. C’est aussi un combat en faveur de la démocratie.

A l’heure où il ne paraît pas si improbable qu’une femme soit peut-être la première présidente de la République française, cette hypothèse révèle que c’est bel et bien la démocratie qui serait en danger. Avec toutes les conséquences néfastes pour le droit des femmes que l’on peut imaginer.