Le gouvernement dévoile sa stratégie pour promouvoir la langue luxembourgeoise

Au lendemain de son adoption au conseil de gouvernement, le ministre de l’Education nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse, Claude Meisch, et le secrétaire d’Etat à la Culture, Guy Arendt, ont  présenté une stratégie pour promouvoir la langue luxembourgeoise.

Par cette stratégie déclinée en quarante points, inspirée en partie du plan irlandais pour la promotion du gaélique, le gouvernement poursuit quatre objectifs : renforcer l’importance du luxembourgeois, faire progresser sa normalisation et son étude, promouvoir l’apprentissage de la langue et de la culture luxembourgeoises et promouvoir la culture en langue luxembourgeoise.  « La langue luxembourgeoise est une part de notre culture, de notre identité », a déclaré Claude Meisch, en préambule, soulignant que cette stratégie répondait  aux attentes de nombreux citoyens, des jeunes comme des moins jeunes, des nationaux comme des étrangers.

L’élément central de cette stratégie consiste dans la réalisation d’un plan d’action pour une politique linguistique et culturelle qui s’étale sur 20 ans.  Un commissaire sera nommé pour l’élaborer en concertation avec tous les acteurs de la société, mais aussi pour assurer la coordination entre les ministères. Autour de ce commissaire, sera créé un centre pour le luxembourgeois (« Zentrum fir d’Lëtzebuergescht ») qui aura pour mission l’étude et la normalisation de la langue luxembourgeoise, et plus largement de la situation linguistique au Luxembourg. L’inscription de la langue luxembourgeoise  dans la constitution et la reconnaissance de la langue luxembourgeoise comme langue officielle de l’UE (sans que cela n’implique la traduction des textes), sont également deux initiatives poursuivies par le gouvernement pour renforcer la place du luxembourgeois.

La stratégie énonce également de nombreuses mesures concrètes de terrain, à commencer par celles qui visent l’éducation. Ainsi, est-il prévu que, dès la rentrée de septembre 2017, un programme d’éducation plurilingue soit introduit dans les crèches et structures prestataires du chèque service accueil. Dans l’enseignement fondamental, comme dans les lycées,  il est notamment prévu un programme pour enseigner de manière ludique le luxembourgeois en tant que langue étrangère.

La nouvelle loi sur les écoles privées prévoira par ailleurs que toutes les écoles internationales  proposent des cours de luxembourgeois dans leur programme, au primaire comme au secondaire.

Au lycée, des cours facultatifs  doivent être introduits, que ce soit en orthographie, en littérature et culture luxembourgeoises ou en écriture créative.

Parmi les nombreuses autres mesures de cette stratégie figurent notamment la création d’une helpline  qui propose une aide par SMS, téléphone ou e-mail, la multiplication des offres de cours  pour les adultes, la traduction de sites internet gouvernementaux ou encore l’institution d’une journée de la langue et de la culture luxembourgeoise.

Jerome Quiqueret