Fichu temps

Marie-Anne Lorge /Dix minutes, c’est long et c’est court. Selon que tu continues à te prélasser au lit le matin ou qu’il te faut poireauter sur un quai de gare, à défaut, dans le cabinet d’un dentiste.

Un jour de vacances te semble filer comme un bas alors qu’un quart d’heure d’embouteillage aurait une allure d’éternité? Voilà qui prouve que le temps est une matière aussi poreuse qu’élastique, en tout cas perméable à une expérience intime, plutôt choisie que subie, et vice versa.

Et ça vaut aussi pour le temps qu’il fait. Giboulées ou non, tout dépend de quand ça tombe, selon que tu sais ou pas y lire l’initiatique passage au printemps. Idéale saison où nidifient les bons moments – de ceux-là on s’en rappelle beaucoup mieux, disait Boris Vian, né un 10 mars (1920), «alors à quoi servent les mauvais?».

Le temps, c’est donc le coup du verre à moitié vide ou à moitié plein. Quant à toujours voir le bon côté des choses, «d’accord, persiflait Vian, retournez-vous!». Sinon, recommencez.