C’est tout mars

«Sur Mars, il fait 160 degrés à l’ombre, disait Jean Yanne, mais on n’est pas obligé d’aller à l’ombre.»
En fait, un matin de mars n’est morne que si l’individu qui s’y aventure ne lève pas les yeux. Sur les crocus semés comme des confettis. Sur le vol des oies sauvages qui fend le gel, criant le retour de la saison. Qu’un merle siffle et l’hiver s’en va, dévoré par les grands feux.
Sinon, mars n’a d’yeux que pour la femme… qui se détache du calendrier le 8. Suivie treize jours plus tard, comme d’une cause à son effet, d’une journée dévolue à la poésie. A celle de Liliane Wouters, auteure d’un Siècle des femmes, qui, en guise de testament, a égrené quinze choses que jamais elle n’a pu faire: «Courber le front devant plus grand que moi, marcher sur plus petit, montrer du doigt, (…) lire un autre que moi dans les miroirs, conjuguer l’amour à plusieurs personnes, résister à la tentation, (…) dire Cambronne au lieu de merde, qui est plus français.» Oui, la cause a son effet.