Alitalia va supprimer 20% de son personnel, appel à la grève le 5 avril

Le plan de relance de la compagnie aérienne italienne en difficulté Alitalia prévoit 2.437 suppressions d’emplois parmi ses 12.000 salariés, a indiqué vendredi à l’AFP une source syndicale, annonçant une grève pour le 5 avril.

« Nous avons décidé de façon unitaire de proclamer la grève le 5 avril », a affirmé le secrétaire général du syndicat Uiltrasporti, Claudio Tarlazzi, en jugeant le plan présenté par la direction d' »absolument pas crédible ». Le plan prévoit 2.037 suppressions d’emploi parmi le personnel au sol et le départ à terme de 400 membres du personnel navigant, qui bénéficient d’un contrat garanti dans le cadre de mesures visant à maintenir l’emploi mais arrivant à expiration fin 2017.

La compagnie a en outre demandé une réduction des salaires de 28% pour les pilotes sur les vols à moyen courrier, 22% pour les moyen à long courrier et 32% pour les hôtesses de l’air et stewards. Sur les 2.037 postes supprimés, 1.338 concernent des contrats à durée indéterminée, 558 à durée déterminée et 141 se trouvent à l’étranger.

Ces informations ont été communiquées aux syndicats à l’occasion d’une réunion vendredi avec les responsables d’Alitalia, qui s’est achevée en début d’après-midi. Alitalia a adopté mercredi un nouveau plan stratégique, prévoyant une réduction des coûts d’un milliard d’euros et une hausse de 30% de son chiffre d’affaires d’ici 2019, via des offres plus compétitives sur le court et moyen courrier.

La compagnie n’avait donné aucun détail sur les conséquences en terme d’emploi, mais la presse évoquait depuis plusieurs semaines au moins 2.000 suppressions de postes possibles. Dans son communiqué, Alitalia avait seulement précisé que « le financement du plan par les actionnaires de la compagnie était soumis à l’acceptation par les syndicats d’un nouvel accord collectif de travail et de mesures relatives au personnel ». Alitalia accumule les pertes depuis des années. Malgré l’entrée de la compagnie émiratie Etihad à son capital en 2014, à hauteur de 49%, et malgré les fonds injectés par cette dernière, elle n’est pas parvenue à redresser la barre.

afp